Confined / Confiné

Raging waters of time
Suddenly turned into sludge
Life has become still
The grandfather clock suspended
Between the tick and the tock 

We used to kill it
By binging on futile media
Having forgotten the time’s symphony 
Adagios, allegros and pauses
Our phones are now stuck on 9:01am

Empty streets, empty stores, empty shelves 
A world void of mankind
Somehow has become more human
Reminder of how fragile
Our permission to exist really is

But have no fear, divided we stand
Our bombastic emperors, deaf and dumb
Confusing leading with screaming the loudest
Will soon be done evaluating 
The economic cost of a human life

They will release us from our cage
For the upcoming hunting season
Sacrificing the old and the sick
Condemning our healers by the hundreds
Weaponizing a virus in the crucible of politics


Les eaux enragées du temps
Ont été transformées en boue
La vie est devenue immobile
L’horloge debout s’est arrêtée
Entre la tic et le tac

Nous avions l’habitude de le tuer
En engloutissant de futiles médias
Ayant oublié la symphonie du temps
Adagios, allegros et pauses
Nos téléphones sont bloqués sur 9 h 01.

Les rues, magasins et étagères vides
Un monde sans humanité
Est enfin devenu plus humain
Un rappel de la fragilité
De notre permission d’exister

Mais n’ayez crainte, nous nous tenons bien divisés
Nos fiers empereurs, sourds et crétins
Confondent gouverner avec hurler
Bientôt sera terminée l’évaluation
Du coût économique d’une vie humaine

Ils vont nous libérer de notre cage
Pour la prochaine saison de chasse
Sacrifier les vieux et les malades
Condamnant nos guérisseurs par centaines
Ils font du virus une arme
Dans le creuset de la politique

The Fly / La Mouche

Trapped between the window pane and its curtain
The fly struggles for her future
A realm beyond the cold glass
Where the lucky ones can roam free
Amongst abundant colors and subtle scents

She can only imagine
The olive and almond trees
Swaying in the June breeze
Lavender plants as far as she can fly
Juniper bushes on rocky soil
Enjoying the sensual bite of the Provençal sun

Each time she tries to break free
The curtain holds her down
Her world reduced to a mere few inches
Just enough to remember who she was and what she could be
Crushed against the window and its flat reality
She might as well be an ant


Pris au piège entre la vitre et son rideau
La mouche lutte pour son avenir
Un monde au-delà du verre froid
Où les plus chanceux peuvent flâner librement
Parmi couleurs abondantes et senteurs subtiles

Elle ne peut qu’imaginer
Les oliviers et amandiers
Se balançant dans la brise de Juin
Des Plants de lavande à perte de vol
Les buissons de genièvre sur sol rocheux
Profitant de la morsure sensuelle du soleil provençal

Chaque fois elle essaie de se libérer
Le rideau la prive de son envol
Son monde est réduit à quelques centimètres
Juste suffisamment pour lui rappeler ce qu’elle fût
Et ce qu’elle pourrait être
Ecrasée contre la fenêtre et sa plate réalité
Elle pourrait aussi bien n’être qu’une fourmi

Fear / La Peur

Safely in the womb of my previous life
Oblivious to what remembering means
I fall asleep
Then it happens
I wake up in pain and in fear
All encompassing confusion

Slowly the fog lifts
And leaves me with a stark realization
I am left overs
The left overs of the man I once was
Half of his memories left
Half of his memories gone

Lost sense of self
No knowledge of what my profession even is
Without a way to sustain myself

I once was a bright man
I am now twenty five percent of it

I am told stress may have caused this
Though this is worse
I live consumed by fear
I struggle to fall asleep
Not knowing if I’ll wake up
Not knowing if I’ll remember in the morning

I wake up in fear
Did I forget anything during the night?
The lack of sleep is thinning my grasp on reality

For a couple of days I felt safer
Safer than in that hospital
Now I feel I am in a race
A race against time
Pressured to get better
Whatever that means
I don’t even know
Do people really want me to remember what caused me to be here?

I fear never remembering my children’ first hug
I fear remembering the evils I escaped I fear the stigma
Cancer is for the braves to fight
Dissociation is for the weak of mind

I fear my life is a lie
Where everybody was supportive at first
Only to feel it erode

I fear that I impacted my loved ones’ well being
I fear I lost many friends
I fear to realize I didn’t have any

I want to be truly me one single time
Before this chapter closes
Before reality sets in
Before my old life comes back
Before evils return
Before my memories leave me for good
Or before the real world sees me fade for good

Maybe I didn’t deserve to stay amongst the rest of you


En sécurité dans le ventre de ma vie antérieure
inconscient de ce que se souvenir signifie
Je m’endors
Puis ça arrive
Je me réveille dans la douleur et la peur
Une confusion envahissante

Lentement le brouillard se lève
Et me laisse avec une dure réalité
Je ne suis qu’une coque vide
Les restes de l’homme que j’étais autrefois
La moitié de ses souvenirs encore présents
La moitié de ses souvenirs oubliés

Le sens de soi perdu
Aucune connaissance de ce que ma profession était
Sans aucun moyen de subvenir à mes besoins

J’ai été un homme brillant
Je suis maintenant réduis
A vingt-cinq pour cent de cet homme là

On me dit que le stress peut avoir causé ça
Bien que cela soit pire
Je vis consumé par la peur
J’ai du mal à m’endormir
Ne sachant pas si je vais me réveiller
Ne sachant pas ce dont je me souviendrai le matin

Je me réveille dans la peur
Ai-je oublié quelque chose pendant la nuit?
Le manque de sommeil efface la réalité

Je me suis senti plus en sécurité pendant quelques jours
Plus sûr que dans cet hôpital
Maintenant je suis dans une course
Une course contre la montre
Sous pression d’aller mieux
Quoi que cela signifie
Je ne sais même pas
Les gens veulent-ils vraiment que je me souvienne de ce qui m’a amené à être ici?

J’ai peur de ne jamais me souvenir du premier câlin de mes enfants
J’ai peur de me souvenir des maux auxquels j’ai échappé
Je crains la stigmatisation
Le cancer est un combat pour les braves
La dissociation est pour les faibles d’esprit

J’ai peur que ma vie ne soit qu’un mensonge
Où tout le monde m’aidait au début
Pour fatalement les sentir s’éloigner

J’ai peur d’avoir blesser mes proches
J’ai peur d’avoir perdu beaucoup d’amis
J’ai peur de réaliser que je n’en avais pas

Je veux être vraiment moi une seule fois
Avant la fermeture de ce chapitre
Avant que cette réalité s’installe
Avant mon ancienne vie
Avant le retour du mal
Avant que mes souvenirs me quittent pour de bon
Ou avant que le monde réel ne me voit disparaître pour de bon

Peut-être que je ne mérite pas de rester parmi vous

Lettre Pour Maman / Letter To Mom

On m’a demandé d’écrire
Tout ce que je n’ai jamais pu te dire
Et de t’envoyer pour que tu les lises
Ces quelques lignes maladroites
D’un fils qui n’écrit plus le Français

Trop souvent on t’a jugée pour tes défauts
Et non pour tes qualités
Sans jamais s’arrêter et contempler
Ce que ta vie a été

Née sous la menace allemande
D’un père qui a été bombardé de tous côtés
Et d’une mère qui a tout donné, même sa santé,
De la pauvreté si ce n’est de la famine
Au confort tranquille d’un nid versaillais

Il est facile pour tes enfants
Présente compagnie inclue
D’ignorer tout ceci
De ne pas réaliser
Qu’entre les larmes de peine
Et celles de joie
Que tu n’as pu qu’essayer ton mieux
A être la mère dont on a eu besoin
Comme je n’ai pu qu’essayer mon mieux
A être un père présent pour mes enfants

Je sais que tu ne t’es jamais pardonnée
Sur le béton de m’avoir lâché
Mais saches que ce qui compte
C’est que tu as essayé de me rattraper

En vérité je pense à toi plus souvent
Que je puisse admettre
Que ce soit à chaque fois
Que je me brule la bouche
Sur un chou-fleur trop chaud
Ou que je contemple un tableau de Tonton

Le sort et la joie de l’expatrié
C’est d’être loin des mauvais souvenirs
Comme des bons
Alors je choisi de me souvenir
Des confitures de mûres
Dont le parfum sucré
Hantait la cuisine à la fin de l’été

Tu es sans doute aucun
Plus proche que nous
De la prochaine étape
Peut-être se retrouvera-t-on un jour
Pour prendre le thé ou un verre de vin
Avec Tante Yvonne, et Adrien
Et avec la grand-mère que je n’ai jamais connue

Quoiqu’il arrive tu resteras vivante
Dans l’esprit et le cœur
De tes enfants et petits enfants

Ni toi ni moi sommes de la génération
Des je t’aime échangés aisément
Mais saches que derrière chaque rose blanche
Se cache un fils que te dis «je t’aime Maman»


I was asked to write
Everything I couldn’t tell you
And to send you these lines
In a mother tongue
No longer mine

Too often you were judged
Mostly for your defaults
Never for your qualities
Without ever stopping to wonder
What your life has been

Born under German occupation
From a father bombed by all sides
And a mother who gave everything
Even her health
From poverty if not famine
To the comfort of a plush nest in Versailles

It is easy for your children
Myself included
To ignore all of this
To not realize
That between tears of pain
And those of joy
You could only try your best
To be the mother we needed
As I tried my best
To be present for my children

I know you never forgave yourself
On the concrete to have dropped me
But know that what matters
Is that you tried to catch me

In truth I think of you more often
Than I’ll ever admit
Whether it is every time
I burnt myself
On steaming cauliflower
Or every time I gaze in wonder
Upon your uncle’s paintings

The fate and joy of an expatriate
Is to live away from dark memories
As from the soothing ones
So I chose to only remember
The blackberry jams
Which sweet perfume
Haunted the kitchen
At summer’s end

You are without much doubt
Closer than us
To the next step
May be will we see each other again
Around a cup of tea
Or a glass of wine
With Aunt Yvonne and Adrien
Or with the grandmother
I’ve never met

Whatever happens
You will stay alive
In the mind of your children
The heart of your grandchildren
And vice versa

Neither you nor I
Are from that generation
Where the “I love you”s
Are easily exchanged
But know that
Behind each white rose
Hides a son who tells you
“I love you Mom”

The Kids on My Street

(Inspired by “Les Gosses de ma rue” by Alain Le Toullec)

The kids on my street travel the universe
The chalk on the pavement explodes without a bang
Imagination transcends the mundane hopscotch
Replaces tedious digits
With elements of their dreams

One becomes Peru, Two is now China,
Nine yields to Sirius and its constellation

Their laughter carries them on one foot
From the corners of the Earth to the night sky
To finally reach the Heavens
Before turning back and heading home
With tales of their travels and fragments of comets

As I walk by they let me through
Not without including me in their game
And I surprise myself hopping my way home

Her Voice / Sa voix

Her voice has changed
She knows her fate
I know it too

Yet we didn’t discuss it
And never will

It is a matter of months now
Or maybe just weeks

Soon I will fly to France
To escort my mother
To her inevitable demise

The cancer stayed stealthy and quiet
Until it was too late

Her only choice now
Is how she’ll spend with us
what is left of her time

She still asks about my work,
Her grandkids and my girlfriend
And carefully avoids talking
About what is sure to happen

Her death moments away stays a taboo
Though her voice has changed


Sa voix a changé
Elle connaît son futur
Moi aussi

Pourtant nous n’en avons pas discuté
Et ne le ferons jamais

C’est une question de mois maintenant
Ou peut-être que quelques semaines

Bientôt je m’envolerai pour la France
Escorter ma mère
Jusqu’à son inévitable décès

Le cancer est resté silencieux et furtif
Jusqu’à ce qu’il fût trop tard

Son seul choix maintenant
Est comment elle va passer avec nous
Le temps qui lui reste

Elle demande toujours des nouvelles
De mon travail, de ses petits-enfants
Et de ma fiancée

Elle évite soigneusement de parler
De ce qui est sûr d’arriver

Son décès imminent reste tabou
Bien que sa voix ait changée

Corrupted Memories

(This is my first sonnets and first volta)

Corrupted memories flooding my brain,

Filling the gap amnesia has left behind,

A perfidious defense is there to blame,

To my own soul, I’m condemned to be blind,

Which cruel god inflicted this torture,

On a poor son seeing his mother die,

Please shatter my mind so I won’t endure,

From dying to dead, let the pain pass by,

In the meantime I’ll speak to her pale ghost,

And will ignore a world too depressing,

Fleeing reality first and foremost,

Isn’t the curse indeed a fine blessing,

After all, without this ultimate price,

My mother wouldn’t have been buried twice.

Weary

Weary of having to summon all my strength,
just to go on a walk.

Weary of reaching my limits each day,
Weary of doing what is right.

Weary of not seeing people,
Weary of the people I see,
Weary of me.

Weary of time,
Weary of life.